La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a procédé, mercredi 1er octobre 2025, sur l’esplanade de Riadh El Feth à Alger, à l’ouverture de la 17e édition du Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA), placée cette année sous le slogan « L’édition des enfants ». Dans son allocution, elle a souligné que le festival est devenu « un rendez-vous incontournable pour le public algérien et ses visiteurs », et qu’il constitue désormais « une vitrine importante de la diversité culturelle en Algérie, y compris du neuvième art », auquel « la mémoire des Algériens reste attachée depuis ses premiers élans créatifs ». Elle a insisté sur le fait que soutenir les créateurs dans ce domaine est « une responsabilité qui nous incombe à tous. C’est ce à quoi s’emploient les organisateurs de ce festival international ».
Mme Bendouda a rappelé que la bande dessinée possède une valeur fondamentale, celle de sa capacité à initier les jeunes et les enfants à la lecture, considérée comme un acte culturel et une habitude précieuse. « Les enfants sont aussi un public de la culture, et même son public le plus fidèle. C’est dans cette perspective que j’ai orienté les services concernés à placer l’enfant au cœur des priorités de l’action culturelle », a-t-elle déclaré, évoquant notamment le programme « Kan ya Makan » qui met à l’honneur le conte populaire algérien.
La ministre a, par ailleurs, abordé la question de la gestion des festivals nationaux et internationaux, expliquant que l’objectif est de les hisser au rang « de productions culturelles et intellectuelles préservant l’image de l’Algérie, parallèlement à l’élaboration de plans et de parcours économiques innovants ». Elle a affirmé que « les festivals ne doivent pas être perçus comme de simples justifications de dépenses budgétaires pour quelques jours d’activités culturelles, mais comme un système économique et culturel fondé sur des objectifs de divertissement, d’éducation, d’embellissement de l’espace public et de contribution à l’économie nationale ». Elle a insisté sur la nécessité « de sortir de la logique de l’attente du soutien pour aller vers le défi de trouver des sponsors et des partenaires économiques, garants de la continuité et de la créativité ».
Mme Bendouda a également tenu à saluer le commissaire du FIBDA, Salim Brahimi, qui a su « lui donner une identité singulière et attirer des invités de marque ». Evoquant l’Égypte, invitée d’honneur de cette édition, elle a estimé que cette participation « confirme la profondeur des relations culturelles entre nos deux pays et souligne l’importance du neuvième art dans notre espace arabe ».
Dans un moment chargé d’émotion, elle a rappelé la dimension militante de l’art en ayant une pensée pour les enfants de Ghaza, « privés de leur droit à l’éducation, à la nourriture, au sommeil et à une vie digne », a-t-il dit. Et d’ajouter : « Nous leur adressons des paroles d’excuse au nom de l’humanité et croyons que l’art est l’alternative au silence, la voix qui porte le message de liberté. J’invite donc tous les artistes et créateurs à faire de leur art une part de ce combat pour la paix et la liberté en Palestine ».
Avant la cérémonie officielle, la ministre a visité l’espace des expositions qui rassemble une riche collection de planches réalisées par des artistes spécialisés dans la bande dessinée, venus de différents pays. Dans cette collection figure l’exposition « Bandes dessinées palestiniennes… Voix individuelles, cri collectif », coordonnée par l’artiste espagnol Pedro Rojo Pérez, une initiative de solidarité avec la cause palestinienne réunissant dix artistes de Palestine et de la diaspora. Mme Bendouda s’est également rendue sur les stands des éditeurs présents (ANEP, ENAG, Crom, Papyrus, Ghomaida, Dalimen, Z-Link...), des institutions et représentations diplomatiques. Elle a longuement échangé avec les auteurs de bandes dessinées réunis au sein de « l’Espace Auteurs » du FIBDA. À cette occasion, la ministre a également honoré Pedro Rojo Pérez, la chercheuse américaine Alexandra Gueydan-Turek, les artistes algériennes Hanane Ben Mediouni et Najet Belabbas, ainsi que le journaliste et scénariste Boukhalfa Amazit. Il y a lieu de noter, enfin, que l’édition 2025 du FIBDA, qui se poursuivra jusqu’au 5 octobre, rassemble des artistes venus d’Espagne, des États-Unis, d’Italie, du Canada, du Japon, de Palestine, de Tunisie, du Liban, du Mexique, du Cameroun et de Slovénie.